De manière générale, tout ce que je crée est sous licence libre, que ce soit :

  • Mes participations à des jams ou des concours (à retrouver sur Itch).

  • Le système DÉCISIF (à retrouver là).

  • Les scénarios qui sont présents ici même.

Le libre en bref

On résume souvent le libre à quelques composantes fondamentales :

  • Usage libre de l’outil.

  • Accès à ses plans de confections (code source).

  • Liberté de le modifier.

  • Enfin, liberté de le repartager à son tour.

Prenons l’exemple d’un scénario que je partage sur ce site :

  • Tu es libre de le faire jouer à tes joueur·euses.

  • Je t’indique comment je l’ai écrit (la trame), dans quelle condition (temps, contraintes, méthodes) et avec quels outils (les tables).

  • Tu es libre de l’adapter et de l’améliorer (il en a besoin).

  • Tu as le pouvoir de le partager à ton tour, si tu me cites et que tu repartages tout ce qui a trait à mon scénar selon les mêmes conditions (cercle vertueux).

Le choix d’user de licence libre de ma part a plusieurs origines, elles sont diverses, mais il me semble y percevoir un motif.

La découverte

J’ai appris grâce au logiciel libre. Mes premières expérimentations graphiques se sont faites grâce à Gimp puis Inkscape. Pourquoi ? D’abord parce que je ne connaissais que ça, j’y ai été initié par un gentil troll (il se reconnaitra). Ensuite parce que j’avais entre dix et douze ans, et que je n’avais pas de budget pour un logiciel propriétaire. Ma découverte du libre ne fut pas par conviction philosophique, mais parce que je n’avais pas le choix.

Plus tard, j’ai découvert Linux, la programmation et à quel point tout cet écosystème tient sur les licences libres.

On remarquera qu’il existe bien souvent plus de tutos et de docs sur un produit libre. Tout simplement parce qu’il est plus accessible, parfois plus populaire et de temps en temps plus qualitatif (par exemple blender et ça n’est pas QUE mon avis). L’esprit du libre c’est le partage et la communauté, je reviendrai sur ce point.

La gratitude

Mon premier moteur est probablement celui-là, la reconnaissance. Merci, Framasoft, pour l’annuaire, pour les outils, pour les CHATONS (coucou Hadoly <3). Merci, Wikipédia, de me donner accès à l’encyclopédie la plus complète et avec des sources ! Merci à tous ces contributeurs du libre, qui donnent de leurs temps, rémunérés ou non, pour ouvrir des portes. Il y a un lien fort entre internet et le libre, même s’ils ne vont pas systématiquement de pair.

Ce n’est pas une dette ni un sentiment de redevabilité. C’est l’héritage, bien souvent d’un inconnu, qui ne tient qu’à nous de perpétrer (note importante : on a le droit de faire le tri dans ce qu’on transmet, c’est même souhaitable). C’est par les efforts des volontaires que le savoir, les outils et la culture humaine peuvent se partager et progresser.

Une vision politique

Transmettre les informations, les sources pour pouvoir faire des choix éclairés, un fantasme ? Pouvoir débattre, choisir des modes de gouvernances, prendre des décisions. Si le libre n’a pas inventé ces concepts, il a assurément sa part dans un projet démocratique. La lecture du code source (la confiance et transparence), le partage (le peuple), les itérations (amélioration continue), le fork (nouvel embranchement d’un projet) sont des méthodes que la société pourrait emprunter au monde du libre.

Se battre pour le libre, c’est aussi combattre les monopoles, l’uniformisation et les dépendances (anticapitaliste, moi ?!).

Culture libre

Ces principes s’appliquent à la culture. BD, musique, films existent sous de telles licences (si, si). Si je ne devais en citer qu’un, ce serait David Revoy pour Pepper and Carrot (je vous invite d’ailleurs à lire cet article). C’est à cet endroit que je souhaiterais me placer, raconter des histoires, faire des jeux, librement.

Je tiens à signaler que beaucoup des plus gros JDR ont une part (au moins) de leurs systèmes sous de telles licences. Et ce, même si ça leur brise leurs petits cœurs de capitaliste.

C’est aussi permettre à toutes et tous de s’exprimer, que ce soit les minorités (factuelle ou de représentation) et les opprimés. Le libre est un outil d’émancipation et participe, à mon humble avis, à la convergence des luttes.

Philosophie

Je me rends compte que j’ai disséminé plus haut les graines de ce que je voulais étayer ici. Qu’à cela ne tienne, je vais me répéter, nan je rigole.

Hormis le sens du partage et du commun, le libre fait ce constat simple : on n’invente rien. On récupère, on améliore, on mélange, bref on joue à l’alchimiste avec ce qui est déjà là, avec ce qui nous a précédés. Ça apprend un peu l’humilité. C’est pour ça que l’attribution (citer l’auteur) est si importante dans ce milieu. Le système DÉCISIF a ses parents (trop nombreux pour une vision traditionnelle de la paternité) que je cite ici d’ailleurs.

Un peu de nuance

Le libre a ses limites (financière, prosélyte, abus, risques…​). La peur du vol, de la spoliation et de l’accaparement de l’œuvre est une peur légitime, on peut partiellement s’en prémunir (pas sur les mécaniques), mais c’est un vrai risque qu’il faut accepter. Il est communément admis dans ces petits milieux que lorsqu’un éditeur vole un projet, ça se sait et il sabote sa réputation. Cependant, je comprends que ce ne soit pas satisfaisant pour tout le monde.

C’est un choix personnel, et j’entends qu’il ne convient ni à tout le monde ni dans la société actuelle. Mais il me semble être l’objectif le plus désirable pour moi. Je tente le pari et sur un malentendu, peut-être que ça peut marcher. Si ce n’est pas le cas, je me réserve bien entendu le droit de changer d’avis. Ça ne retire en rien tout ce que j’en pense (beaucoup de bien, vous l’avez compris).

Le système n’est pas parfait, mais il s’améliore. Comme moi.

La thune

J’ai pour objectif de vivre de ce projets, et c’est hélas là où le bât blesse. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de solutions. Chercher à créer sous licence libre pose la question du financement.

  • Le bénévolat, ça ne rapporte pas d’argent, mais c’est si important. De nombreux projets subsistent grâce à ça.

  • La pub, un choix discutable, pas le mien. La publicité nous siphonne le cerveau aussi surement qu’une sangsue. Je ne jette pas la pierre à ceux qui l’utilisent, c’est parfois le seul choix, et c’est ça qui est dommageable.

  • L’intérêt. Y’a des grosses boites qui financent du libre, car ils en ont besoin. Je suis pas le profil.

Ce qui nous laisse pour tout modèle économique :

  • La vente physique.

  • La prestation vivante.

  • Le financement participatif et le mécénat (à votre bon cœur).

Bon la réponse est quelque part par là, je n’ai pas encore la solution, mais je compte bien la dénicher. Pour l’instant je ne suis pas crédible et pour y remédier je dois :

  • Finir et partager mon système maison.

  • Écrire et publier du scénario jusqu’à la lie.

  • Devenir un conteur honnête (je reviendrai probablement là-dessus un jour).

Le modèle que je perçois pour l’instant, c’est d’écrire et de partager ces ressources. Et de permettre à la communauté qui soutiendrait ce travail d’avoir voix au chapitre sur le pilotage du projet (choix de contraintes pour un scénar, sélection du prochain module…​).

Si jamais tu as un avis, des idées ou des corrections, discutons-en dans les commentaires !

En résumé, l’idée c’est de concevoir des jeux et des histoires de manière libre. Si tu aimes cette démarche ou mes créations, n’hésite pas à faire un don !

À suivre.